Comment faire pour apprendre à jouer du violon ?


Apprendre a jouer du violon

Vidéo explicative en bas de page !

Le violoniste joue en général de son instrument en le posant sous le menton, sur la clavicule gauche. Les cordes sont mises en vibration par le frottement de l'archet ou par le pincement des doigts (lors du pizzicato).
Les doigts de la main gauche, excepté le pouce, servent à raccourcir la longueur des cordes pour produire différentes notes. De très nombreuses techniques existent sur le violon pour obtenir une large palette sonore et tirer toutes les possibilités de l'instrument.

Tenue de l'instrument et de l'archet
En musique classique, on joue du violon en le posant sur la clavicule gauche. Mais ce n'est pas une règle générale : dans le cas des violoneux, des fiddlers et autres violonistes traditionnels, le violon est souvent posé contre le buste ; en musique carnatique, on joue le plus souvent assis avec la volute du violon qui s'appuie sur le pied.
Quelques violonistes jouent en posant l'instrument sur leur clavicule droite, et donc en inversant tous les gestes, mais l'autre cas est très largement majoritaire. La décision du côté où l'on va poser l'instrument lors de l'apprentissage est indépendante de la latéralisation (droitier ou gaucher).
Dans le cas où l'instrument est porté à gauche, les doigts de la main gauche, excepté le pouce qui se trouve de l'autre côté du manche et qui sert à le soutenir, appuient sur les cordes au niveau de la touche pour produire des notes différentes des simples cordes à vide. Les explications qui suivent considèrent ce cas.

La tenue du violon est assistée par deux accessoires :
la mentonnière, placée sur la table d'harmonie, à gauche du cordier; elle n'est pas utilisée sur les violons baroques mais est indispensable depuis le XIXe siècle pour les violons modernes qu'elle sert aussi à protéger du contact de la peau ; de nombreux professionnels la font sculpter à la forme de leur mâchoire ;
l'épaulier, facultatif, placé sous le fond, sert à combler le vide entre le violon et l'épaule pour éviter que l'on ne monte celle-ci.
Tous deux ont pour but de permettre à l'instrument de mieux épouser la forme du corps et donc de jouer plus confortablement.
L'archet est soutenu par le pouce et maintenu par les autres doigts. L'extrémité du pouce se place sous la baguette, devant la hausse. Majeur et annulaire sont posés arrondis sur la baguette et l'enveloppent pour la maintenir sur le pouce. Le majeur se situe à peu près en face du pouce. L'auriculaire est posé, arrondi et sur son extrémité, sur le dessus de la baguette.
Ce petit doigt joue un grand rôle dans l'allègement du poids de l'archet dans le jeu près du talon de l'archet. Il peut parfois être soulevé lors du jeu, que ce soit à titre d'exercice ou non. C'est l'index, posé sur le dessus de la baguette, qui est chargé de faire varier la pression de l'archet sur la corde.


Jeu habituel
Le jeu habituel est legato (lié). Le violoniste frotte les cordes avec l'archet et ne différencie pas chaque note ; le jeu est très fluide. Idéalement on ne distingue pas à l'oreille de différence entre poussé et tiré. Ces deux mots viennent nommer les deux phases d'un aller-retour de l'archet : tiré quand on va du talon vers la pointe, et poussé l'inverse.

Martelé
Blocage de l'archet après un laps de temps plus ou moins long qui permet de couper le son et donc de détacher chaque note. À l'attaque, l’archet est collé à la corde, puis on allège brutalement la pression, libérant l'archet, et on joue avec la vitesse de l'archet ; à la pointe (ou à tout autre endroit où l'on a décidé de stopper la note), l'archet se repose sur la corde avec uniquement une pression de l'index.
Le staccato est une succession de martelés. On peut faire du staccato dans un même coup d'archet, ou en alternant tiré et poussé à chaque note.

Sauts
La forme de la baguette de l'archet, légèrement courbé, donne au jeu la possibilité de nombreux sauts :
Ricochet : lorsque l'archet rebondit sur la corde plusieurs fois en un coup d'archet, c'est un ricochet. La vitesse d'un ricochet est variable. Pour faire un ricochet lent, il faut lancer son archet à son point d'équilibre. Pour faire un ricochet rapide, il faut lancer son archet plus près de la pointe. Plus l'archet rebondit haut, plus lent est le ricochet. Le ricochet est souvent exercé simultanément avec un bariolage. Souvent utilisé dans des morceaux ardus, tels que le Caprice n°1 de Niccolò Paganini ou La ronde des lutins de Antonio Bazzini.
Saltato, soit sautillé. L'archet, placé au milieu, se met naturellement à sautiller (à perdre brièvement le contact avec la corde) dès que l'on alterne tiré et poussé assez vite, et avec une pression plutôt faible de l'index.
Spiccato : dans le premier tiers ou le deuxième quart de l'archet, il s'agit de faire sauter l'archet par un mouvement d'aller-retour du poignet (et non du bras entier), qui doit rester très souple.

Doubles cordes, accords
La forme du chevalet met volontairement les quatre cordes dans une configuration non plane. Cependant, comme deux points de l'espace sont nécessairement dans un même plan, l'archet peut être placé sur deux cordes voisines, et l'on peut jouer simultanément deux parties différentes. Le violoniste peut aussi, en appuyant un peu plus sur l'archet, mettre trois cordes quasiment dans un même plan et jouer un accord de 3 notes presque en un même moment.
Pour les accords de quatre cordes, en général, on arpège l'accord, c'est-à-dire que l'on joue trois doubles cordes à la suite (sol-ré en même temps, suivies ré-la en même temps puis de la-mi en même temps). Des variantes pour s'accommoder au style de la pièce ont parfois lieu, particulièrement pour les accords dans les morceaux baroques.
Ci-contre, un exemple tiré de la Chaconne de la seconde partita de Bach. Y alternent les passages en doubles cordes et les accords, dont l'exécution requiert des doigtés assez particuliers (notamment une extension du quatrième doigt pour produire l'accord si-ré-fa).





Pincement

Avec le pizzicato, le violoniste pince les cordes avec l'index de la main droite. Cette technique est généralement utilisée pour les accompagnements, ou les pièces de jazz. Cependant, le pizzicato peut être utilisée de manière plus originale qu'un accompagnement simple ; on note ainsi deux emplois particuliers dans le Concerto pour violon n° 1 de Prokofiev :
le violoniste, au début de la troisième page, égrène en solo de simples noires, ce qui a un aspect déroutant par sa simplicité ;
dans la quatrième page, un accord de quatre sons est joué pizzicato, en doubles croches plusieurs mesures de suite. Le tempo étant rapide, pour pouvoir faire cela, le violoniste pince les cordes dans leur ensemble en se mettant près de la touche, afin que les cordes soient le plus possible alignées.
Le violoniste peut aussi faire un pizzicato particulier, le Pizz Bartok, qui consiste à tirer la corde verticalement et un peu haut, afin qu'en retombant elle claque sur la touche, ajoutant au son de la note un effet percussif.

Placement de l'archet
On peut placer l'archet à différents endroits, notamment
à mi-chemin entre le chevalet et la touche (habituel) ;
près du chevalet, pour gagner en puissance et en corps ;
quasiment sur le chevalet (sul ponticello), pour un son très sifflant, fébrile, très aigu, parfois faible ;
sur la touche (sul tasto), pour un son lointain et distant, parfois qualifié de blanc.
Il est possible de glisser le corps du violon entre la baguette et la mèche. C'est le violoniste de jazz Joe Venuti qui eut le premier l'idée d'utiliser cette technique1, qui permet de jouer les quatre cordes en même temps. Le son obtenu est aussi beaucoup plus rugueux.
La technique al ponticello notamment été utilisée par Joseph Haydn dans 43 mesures du deuxième mouvement de sa 97e symphonie ; un passage noté vicino al ponticello lui succède2.

Col legno
Avec cette technique, ce ne sont plus les crins qui sont en contact avec la corde, mais le bois de l'archet. L'effet obtenu en frottant alors la corde n'ayant que peu d'intérêt (le son est quasiment imperceptible), il s'agit plus souvent de frapper la corde, pour obtenir un remarquable aspect percussif.
Cette technique est notamment resté célèbre grâce à la pièce Mars, issue des Planètes, de Holst ; cependant ce n'est pas le premier usage : on peut citer entre autres Hector Berlioz qui l'emploie quelques mesures dans la dernière partie du Songe d'une Nuit de Sabbat de sa Symphonie fantastique.

Bariolages
Le bariolage est le passage rapide d'une corde à sa voisine. On peut alors jouer des notes à un rythme très élevé, et exécuter des passages de manière spectaculaire quand ils ne demandent que peu d'efforts réels, par exemple un bariolage (très usuel) sur les cordes sol - ré - la - mi - mi - la - ré - sol.
Ci-contre, un exemple de bariolages tiré du Concerto pour violon de Mendelssohn, 1er mvt, mesures 323 à 329 : dans cette partie de la cadence, le soliste joue environ 12 notes à la seconde, mais ne doit en fait bouger les doigts que tous les deux temps.

Portato
Littéralement, porté : le violoniste joue plusieurs notes dans un même archet, mais il les espace légèrement en allégeant la pression sur la corde entre chacune, afin d'articuler délicatement le discours musical. On le signale sur la partition par des traits horizontaux sur (ou sous) les notes concernées.

Tremolo
Le tremolo est le redoublement très rapide (sans rythme mesuré) d'une note. Son exécution a lieu, pour des questions de facilité, vers la pointe et uniquement avec le poignet (et non tout le bras). Il existe deux principaux types d'utilisation orchestrale du tremolo :
en nuance piano ou pianissimo, il constitue un tapis sonore ténu. Les exemples connus sont les débuts des septième et neuvième symphonies d'Anton Bruckner, où les cordes ouvrent le premier mouvement, seules, en tremolo.
en nuance forte ou fortissimo, il exhale la puissance ou la violence. On peut citer comme exemple le début de l'ouverture du Vaisseau fantôme de Richard Wagner.




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